Quelue part dans les montagnes entre Népal et Tibet (Chine)

Tanang-Langstang-Gosainkunda

mars-avril 2014

    C’est le début du trek, nous sommes tout près du Tibet. Les paysages sont envoûtants et le mythe est trop irrésistible.
    A l’étape suivante, au carrefour de vallées encaissées, nous ne résistons plus à notre curiosité.Nous partons « hors circuit » sur la piste carrossable d’une vallée étroite, pour voir ce qu’il y a au bout.
    Contrôle de police, si nombreux sur le chemin des treks, mais un peu plus musclé parce qu’au bout c’est une frontière interdite. Le guide palabre.Nos passeports sont gardés au poste, en caution pour garantir notre retour.
    Arrêt obligatoire au dernier village  pour cause de travaux de minage des rochers sur la route. Pluie diluvienne, et casse croûte pour attendre. Grâce à la débrouillardise du guide on profitera ensuite de quelques camions pour rattraper le temps perdu. La route s’enfonce dans un cadre désertique.
    Nous y arrivons. Personne ne fait trop attention à nous, mais quand même.
    Spectacle complètement surréaliste.Comme au milieu de nulle part, on se retrouve dans le chaos hallucinant du chantier d’un grand viaduc, traversé par un vieux mur rustique avec des meurtrières comme une ancienne ligne de démarcation, et d’affrontements. 
    Plus bas le torrent, frontière naturelle enjambée par un tout petit pont piétonnier barricadé; l‘ancien passage. 
    Au dessus une grande passerelle suspendue à la népalaise qui traverse sur le versant opposé:le Tibet ou plutôt la Chine.
    En face de nous,côté chinois, au milieu de rien se dresse un bâtiment gigantesque  en cours de construction dans le style de la grande arche de la Défense , prochaine gare routière pour les douanes d’où part un grand viaduc, pas encore achevé, en direction du Népal qui probablement se substituera par la suite à la passerelle pour un intense trafic routier .     
    Dans une ambiance complètement irréaliste, tout cela semble démesuré. 
    Un civil, mais de toute évidence un fonctionnaire de police parait quand même surpris de notre présence et nous interdit de prendre des photos. Dommage j’allais sortir mon Réflex. Je continuerai donc avec mon I phone le plus discrètement possible.
    On avance impunément à travers le chantier, en équilibre sur des poutrelles métalliques et des dalles de béton, au milieu des ouvriers avec leur casque, mais totalement indifférents. On s’approche du pied de la passerelle en laissant place à un va-et-vient incessant et rapide de porteurs népalais assermentés si l’on en croit leur badge imposant autour du coup, et chargés de volumineux paquetages.
    Nous n’irons pas plus loin. En haut de la passerelle les policiers népalais en factions, malgré l’intervention du guide, nous interdisent l’accès . Des touristes ne sont pas autorisés sur cette zone, et surtout pas de photos. Raison évoquée, rien que notre vue déclencherait une furieuse réprimande des policiers chinois de l’autre côté.   
    Sur la passerelle, deux portes distantes, une côté Népal et l’autre côté Chine; et les quelques mètres qui les séparent en guise de « zone franche ». 
    Les porteurs franchissent la passerelle et  apportent leurs imposants colis à charger dans des  camions stationnés plus bas côté Népal. On ne le voit pas mais on peut imaginer le même trafic de débarquement de marchandises des camions côté chinois. 
    Nous voilà, perdus en pleine montagne, sans rien d’autre autour, comme sur un lieu secret à un gros point stratégique d’importation du « made in china »      
    Sûrement marchandises de toute sorte dont vêtements de sports de marques « The NorthFace »  et autres que l’on trouve en abondance revendus dans les boutiques de Katmandou  
    Autour des camions dans une ambiance un peu cachée, des petits groupes s’affairent au chargement mais peut-être bien aussi à  un « petit commerce local »,  sans compter ce qui peut « tomber du camion ». Mais on ne s’approchera pas trop.
    Spectacle surprenant et totalement insolite!!! 
    Notre retour jusqu’au poste de police sera facilité par du « camion stop ». Le policier de service a changé et tout en nous restituant nos passeports il ne manque pas de nous faire comprendre son insatisfaction à notre incursion. A priori nous avons été chanceux d’enregistrer ce reportage dans nos têtes et les photos dans mon I phone.
    Petite satisfaction pour moi dont le rêve était d’être photojournaliste.
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